
Élise
Ce portrait est le fruit d’une seule après-midi, dans un appartement transformé en studio improvisé. Une fenêtre plein nord, un drap tendu, et le temps — le vrai luxe d’une séance sans horaire imposé.
Élise n’est pas modèle. Cette inexpérience, loin d’être un obstacle, a donné à la série sa justesse : pas de poses apprises, pas de sourire de commande, seulement une présence qui se cherche et finit par se trouver devant l’objectif.

Laisser venir
Le vrai travail du portrait commence quand on cesse de diriger. Les vingt premières minutes sont toujours perdues — on s’observe, on s’ajuste. Puis quelque chose se détend, et c’est là que les images arrivent, presque sans qu’on les provoque.
Un bon portrait ne montre pas quelqu’un : il montre l’instant où cette personne s’oublie.
J’ai travaillé à pleine ouverture, pour isoler le visage sur un fond volontairement neutre. La netteté se concentre sur les yeux ; tout le reste s’estompe dans un flou doux qui enveloppe le sujet sans le durcir.

Le noir et blanc s’est imposé au tirage. Débarrassé de la couleur, le portrait gagne en intemporalité : il ne parle plus d’une saison ou d’un décor, mais d’une personne, simplement.




